Alfred Castet

Alfredus Castet

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience concrète du confinement ?

Au début du confinement, je me suis tout de suite posé la question : n’irais-je pas demander l’hospitalité dans un monastère trappiste ? (rires) Moi, l’insulaire, habitué à vivre dehors, au contact des autres, à multiplier les expériences foisonnantes, j’ai dû finalement renouer avec l’essentiel. Je consacre plus de temps, à la maison et dans mon atelier, à la lecture, à la réflexion, à un travail introspectif afin de redéfinir mes priorités en tant qu’être humain et mes objectifs en tant qu’artiste. Mes proches sont actuellement épargnés par le virus.

Quel est votre état d’esprit personnel ?

Le confinement ne préjuge en rien la liberté d’un artiste. Au contraire, je ne pense pas que je serais devenu artiste sans l’ennui… Ma seule frustration vient du fait que la baignade en mer est interdite durant cette période. Afin de me mettre en condition pour créer, j’ai un rituel : je vais généralement nager tôt le matin ou surfer si les conditions sont favorables. C’est pour moi une façon de lâcher prise en renouant avec les éléments et en pratiquant la pleine conscience… L’océan agit comme un mentor de résilience.

L’expérience du confinement a-t-elle un impact sur votre art ?

J’ai passé les quatre premières semaines de confinement sans pouvoir trouver de matériel (travaillant exclusivement à la bombe aérosol) et en particulier des châssis. Ces longues pauses sans possibilité de m’exprimer m’amènent généralement à me réinventer, à redéfinir mes exigences, ma démarche personnelle, et à explorer de nouvelles approches artistiques.

Pratiquez-vous votre art pendant le confinement ? Si oui, pouvez-vous nous parler de vos nouvelles œuvres ?

Je continue d’explorer mon dernier thème actuel, « La Matrice du Métissage ». Une série de portraits de femmes du monde parées d’un arc-en-ciel chromatique. C’est pour moi une façon de les rendre plus universelles et de faire ressortir l’essence de l’émotion. Cette approche artistique répond au désir de regarder le monde à travers les yeux d’une femme.

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