
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience concrète du confinement ?
Même si je ne côtoie que très peu de personnes, je n’en souffre pas.
Je marche très tôt le matin, puis je rejoins l’atelier à Gustavia jusqu’à ce que la faim me tiraille. L’après-midi, je le passe auprès de ma mère (masquée) que je vois beaucoup plus que d’habitude. Je nage, m’occupe du jardin, je cuisine, l’essentiel et les choses simples de la vie.
Quel est votre état d’esprit personnel ?
Au début, le fait d’avoir du temps m’a déstabilisée.
La peur de ce virus microscopique, l’angoisse d’un mauvais film qui recommence.
Très vite, j’ai pris le parti du positif et décidé de vivre le moment présent, n’étant pas directement confrontée à la maladie.
Je ne m’étais pas remise d’Irma, c’était le bon moment pour terminer ce que j’avais laissé en suspens par manque de temps. Maintenant, je suis reposée, j’écoute le silence et la nature avec un grand bonheur. Mes journées passent toujours trop vite…
L'expérience du confinement a-t-elle un impact sur votre art ?
Il est encore trop tôt pour le dire, ce sera certainement très important.
Pratiquez-vous votre art pendant le confinement ? Si oui, pouvez-vous nous parler de vos nouvelles pièces ?
J’ai d’abord terminé les commandes en cours ou en suspens depuis longtemps. J’avais ce besoin de ranger, d’organiser, de faire de la place pour que ma créativité ne soit pas altérée par des bijoux ou des obligations de toutes sortes.
Puis ma créativité est partie en folie, en délire, avec des envies de tout et de n’importe quoi. Je suis dans la 3ème phase où je me pose et je savoure le désir. Le désir de simplement créer. J’ai de nouveau mon atelier à la maison, je peins aussi pour le plaisir. J’ai d’abord voulu matérialiser le virus en bijoux, puis je me suis tournée vers des idées plus positives. Pendentif en or jaune représentant la terre en ébullition, serti de petits diamants de très bonne qualité, très brillants, et peinture mêlant des couleurs douces et poudrées à de l’écorce et des noix de cajou.

