Fanxi Delarue

Fanxi Delarue

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience concrète du confinement ?

Depuis le 16 mars, début de la quarantaine, ma famille a cessé de sortir. Environ toutes les deux semaines, mon mari et moi allons au supermarché pour faire le plein de nourriture et de produits d'épicerie. Nous avons la chance de vivre dans une banlieue à l'ouest de Paris : Saint-Germain-en-Laye. Nous avons une grande maison avec un jardin, il y a donc beaucoup à faire pour toute la famille. Nous faisons de notre mieux pour rester en bonne santé et profiter au maximum de ce temps en famille, pendant cette période spéciale.

Quel est votre état d'esprit personnel ?

Une juxtaposition de paix et de repos avec de l'anxiété et de la peur…

Pour être franche, au début, le confinement était un peu frustrant pour tout le monde… mais les êtres humains sont très adaptables. Je pense qu'il s'agit plutôt des limitations qui nous sont imposées et qui restreignent les choix de vie que nous tenons souvent pour acquis. Compte tenu des circonstances spéciales de ce virus, nous comprenons parfaitement pourquoi nous faisons ce que nous faisons. En fait, mon mari et moi avons tous deux connu le SRAS en Asie auparavant. Chacun de nous doit faire sa part. Nous avons expliqué à nos 3 enfants qu'il est nécessaire de rester à la maison pendant un certain temps sans aller à l'école ni faire d'activités.

Nous nous reposons bien, lisons ensemble, et nous apprenons une nouvelle façon d'« être ». Nous devrions être reconnaissants, chérir notre famille et nos proches, et apprendre à apprécier notre monde ensemble, et à nous écouter les uns les autres.

L'expérience du confinement a-t-elle un impact sur votre art ?

De nouvelles inspirations, toujours ! En tant que photographe et ne pouvant pas sortir pour prendre des photos, c'est une catastrophe ! Avec la réaction et le comportement des gens pendant cette pandémie, je me sens réelle et surréaliste en même temps. En tant qu'artiste, nous pouvons toujours représenter la réalité avec la frustration et la réaction des gens. En tant que bon artiste, nous devrions être capables de représenter le surréalisme en exagérant la réalité. Récemment, je prévois une nouvelle série de photos qui sont composées en utilisant des techniques de postproduction pour combiner des images existantes qui véhiculent l'idée que le monde parfait dans lequel nous vivons doit faire une pause, pour laisser de la place au temps de réflexion et aussi de guérison…

Pratiquez-vous votre art pendant le confinement ? Si oui, pouvez-vous nous parler de vos nouvelles œuvres ?

J'ai commencé à travailler sur une grande peinture, que j'ai réalisée pour le 50e anniversaire de mon mari. Je ne suis normalement pas très peintre, étrangement, j'avais un fort désir de peindre quelque chose pour lui, précisément pour notre famille. Armée de peintures et de pinceaux, j'ai senti mes sentiments intérieurs s'exprimer… viscéralement, directement, de manière excitante.

Cette œuvre est réalisée à la peinture acrylique sur un écran vinyle encadré qui était auparavant un écran de cinéma. Pour éviter le gaspillage, j'ai décidé de l'utiliser pour faire un tableau. L'inspiration vient du chef-d'œuvre de Matisse « La Danse » (peint en 1909 !). Ce concept capture un portrait dynamique de notre jeune famille, chaque personnage représentant un individu… Quoi qu'il arrive, quelles que soient les difficultés rencontrées, nous devons toujours nous soutenir mutuellement, célébrer notre amour et notre unité !

140x240cm

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