Vanessa Thuillier

Vanessa Thuillier

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience concrète du confinement ?

En ces instants incertains, la préoccupation nous gagne tous. Nos pensées se tournent vers les personnes les plus vulnérables, les membres les plus fragiles de nos familles, nos parents, frères et cousins qui œuvrent au service des personnes et en milieu hospitalier.

En tant que mère de famille nombreuse, enseignante des écoles et artiste pluridisciplinaire (en photographie, arts plastiques, musique et danse) une journée de confinement peut s’apparenter à un marathon.

De nature optimiste, j’entrevois ce confinement comme une opportunité de me recentrer sur ce qui me semble essentiel : une bonne santé physique et mentale, ma famille, des relations interpersonnelles denses, même à distance, et une consommation modérée si possible tournée vers ce que la terre nous offre.

Au quotidien, ce confinement exacerbe ma sensibilité. L’art me permet d’exprimer ce que je ressens.

Quel est votre état d’esprit personnel ?

Durant ce confinement, un rituel de pratique de la méditation s’est naturellement mis en place et je ressens chaque jour beaucoup de gratitude envers toutes les personnes citées précédemment, mais aussi, envers la vie et la nature.

Depuis plusieurs années, mon compagnon entretient notre potager, ainsi qu’un verger, et il nous semble aujourd’hui plus que nécessaire de partager notre enthousiasme pour une certaine forme d’autonomie.

Enfin, un long travail d’introspection s’opère. Je cherche à comprendre les enjeux humains en ces temps de crise ainsi que la place que la femme occupe au sein de sa famille, au sein de sa profession et plus généralement dans la société.

Tout en écoutant mes intuitions, je continue de me former, de me documenter et de cette façon, je creuse mon identité artistique.

L’expérience du confinement a-t-elle un impact sur votre art ?

Dans la même journée, il m’arrive de jouer quelques notes de violoncelle, puis de m’étirer physiquement lors d’exercices de danse pour ensuite me livrer à la macrophotographie ou au light painting avant de reprendre le fil d’une composition plastique…

Et ce, bien souvent, en présence de mes enfants avec qui je partage mes impressions artistiques depuis leur plus jeune âge.

Cette expérience de confinement me permet donc de développer à la fois une démarche artistique dotée de féminité, de sensibilité tournée vers le milieu naturel et la notion de partage avec la jeunesse, qu’ils soient mes enfants ou mes élèves.

Pratiquez-vous votre art pendant le confinement ? si oui, pouvez-vous nous parler de vos nouvelles créations ?

Ma dernière composition plastique « Terre » me place au centre de mon habitat, de mon île, St Barth, de ma planète, la Terre, faite d’éléments naturels l’eau, l’air, la terre et le feu.

La pluridisciplinarité est de mise dans cette œuvre qui utilise plusieurs supports : la peinture, ainsi que le collage et la photographie.

Ce travail très méthodique me ressemble ; telle Gaïa, je nourris naturellement mes enfants… de façon sensible, physique et intellectuelle.

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