
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience concrète du confinement ?
J'habite dans une petite maison à Grand Fond, la campagne de St Barth. La vie à la maison imposée par le confinement m'est agréable. Je sors le chien, parfois c'est l'inverse. Tout est très calme dans les environs. La mer n'est pas loin. L'air de la pandémie me semble très respirable. Je suis en bonne santé. Je vais bien.
Quel est votre état d'esprit personnel ?
Je fuis normalement l'agitation, folle pour moi mais vitale pour d'autres, qui ponctue souvent nos vies. J'ai un peu le sentiment que le monde en confinement vit à mon propre rythme. Cela me rend très paisible. Je ne porte plus de montre à mon poignet. Je réanime des noms de mon répertoire téléphonique qui étaient devenus des noms muets. Aller à la boulangerie et à l'épicerie devient un moment attendu comme jamais auparavant. Ce n'est pas écrit sur la liste de courses mais c'est un moment de sociabilité. Sociabilité sans contact, on s'évite, on se retourne, on parle de loin et on met des gants. C'est un peu étrange.
L'expérience du confinement a-t-elle un impact sur votre art ?
Aucun. Probablement parce qu'aucun drame lié à la pandémie n'a perturbé ma vie tranquille. La vie continue.
Pratiquez-vous votre art pendant le confinement ? Si oui, pouvez-vous nous parler de vos nouvelles œuvres ?
Je n'ai aucune inspiration pour faire de la photo-confinée qui consiste à prendre en photo son chat, le rayon de soleil qui traverse la cuisine ou son ombre portée sur un mur. Par contre, je suis capable de faire ce que je crois aimer le plus : profiter de chaque sortie pour voler des portraits d'inconnus et, un peu comme un photo-reporter, témoigner de cette mode printemps-été 2020 où les gens défilent gantés et masqués.